
Lucien Rose
Après un parcours de Résistant en Savoie, Lucien Rose a vécu en Bretagne où il a été adjoint au maire de Rennes de 1977 à 1995. Une bibliothèque et un square d’habitat social en centre ville portent aujourd’hui son nom.



Après un parcours de Résistant en Savoie, Lucien Rose a vécu en Bretagne où il a été adjoint au maire de Rennes de 1977 à 1995. Une bibliothèque et un square d’habitat social en centre ville portent aujourd’hui son nom.


Ces bilans, ces prises de recul ont été écrits un an après le film.
Dans la présentation de l’atelier faite par Antonin en début d’année, ce qui m’a convaincue c’est qu’il arrive avec un projet concret : il a des cassettes de Résistants et on va partir de là sans trop savoir ce qu’on va en faire. Au début, essayer de traiter la centaine de cassettes, ça nous a pas mal pris la tête. On a d’abord resserré sur les interviews faites autour de Rennes, mais ça nous intriguait aussi de savoir ce qu’il y avait sur les autres cassettes. On a donc chacun pris la transcription écrite d’un ou deux témoignages. Ça fait peur au début, mais quand on a réduit à une douzaine de cassettes, c’était beaucoup plus abordable.
En regardant ces interviews, j’ai vu que les motivations peuvent être très diverses, mais aussi que c’est la somme des petites choses qui fait résistance. Et puis, même si ce sont là des Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, il y a des thématiques qui sont très actuelles. Peu importe les combats, il faut résister et en tant que jeunes, on est d’autant plus touchés, puisque c’est notre avenir qui est concerné.
Quand je pense à ce projet, je pense surtout à quelque chose de collectif : on a toujours réfléchi ensemble.
En participant à cet atelier, j’ai énormément appris, à la fois sur le plan technique (réalisation, tournage, montage) et sur le plan culturel et historique. J’ai participé à l’élaboration des questions destinées aux interviews, ce qui m’a permis de réfléchir plus profondément à ce que signifie s’engager. Ce travail m’a aidée à comprendre que l’engagement peut prendre des formes variées, mais qu’il reste toujours essentiel, quelle que soit son ampleur. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre la Résistance mais aussi de réfléchir plus largement à la notion de l’engagement : ce que cela signifie, pourquoi on s’engage, et en quoi cela reste essentiel aujourd’hui.
J’ai participé à l’atelier documentaire qui avait pour but de créer collectivement un projet documentaire sur le thème de la résistance au fascisme, en France. Le sujet nous avait été donné avec un large panel de rushs documentaires. Grâce aux images que j’ai visionnées, j’ai découvert de nombreux points de vue, de la part de Résistants, ou de citoyens moins militants mais dont l’opinion pèse autant dans l’urne que chacun d’entre nous. Ces voix plus nuancées sont même essentielles pour que le film ne tombe pas dans l’écueil d’un projet qui se veut trop unilatéral, sans même prendre en compte la pluralité de l’opinion française. C’est une pluralité qui s’est par exemple retrouvée dans les résultats des législatives, en divisant les votes en trois partis sans vainqueur majoritaire.
Le projet m’a ramenée à mon propre militantisme, car travailler dessus est en soi aussi un
acte militant.
Plus largement, le projet questionne ce que c’est d’être militant en tant que réalisateurice, car renoncer à se taire face à la popularisation des idéologies identitaires est aussi un acte politique. Travailler notamment sur le montage amène à se poser la question de comment narrer ce combat, et exploiter au maximum toutes les voix dont on dispose.
J’ai pu renforcer mes connaissances techniques du montage mais aussi me former plus
largement sur le rapport du cinéma au monde qui nous entoure.
À la rentrée universitaire 2025, il y a tout juste 1 an, débutait pour moi — et ceux qui devinrent les membres de l’équipe —, le projet En gage d’avenir. Nous étions alors étudiants en L3 d’études cinématographique à l’université de Rennes 2, et avions porté nos vœux de participer à l’atelier de cinéma documentaire dont la matière première avait suscité notre curiosité, à savoir des témoignages inédits de résistants de la seconde guerre mondiale.
Si à la rentrée, j’ambitionnais d’acquérir une connaissance assez fine sur le thème pour me donner la légitimité d’en parler, je me suis rapidement aperçue que ce n’était ni possible, ni peut-être souhaitable. D’une part, parce que le sujet de la résistance est bien trop vaste ; d’autre part parce qu’un éclairage néophyte n’est pas toujours inintéressant.
Acquérir davantage de familiarité avec un sujet rend attentif à ses occurrences dans le monde, et il se trouve que celui de la Résistance est très présent dans l’actualité des médias, au cinéma, ainsi que dans les débats politiques. De surcroît, la figure du résistant — sorte de repère dans l’histoire nationale —, se voit réactualisée, transposée, et mise à contribution de différents discours. Or, dès notre première réunion, l’idée d’interroger le rapport de ces témoignages de résistants à notre présent a été mise en avant. C’est donc avec notre empreinte estudiantine que nous avons, nous aussi, contribué à ce mouvement de réappropriations d’une partie de notre histoire.
C’est donc sans être des spécialistes ni des professionnels que nous sommes allés à la rencontre des autres avec, il me semble, autant de prévenance que possible. Le geste d’écoute qui a été le nôtre est transversal : écoute vis-à-vis des témoignages des résistants d’hier ; des interviewés de 2026 ; de nos camarades et des intervenants, qui tous nous ont permis de réaliser ce film en produisant une synthèse de leurs paroles. En gage d’avenir se propose en cela comme un nouveau point d’écoute.
En effet, être attentif à la parole de l’autre était une condition nécessaire à notre travail, par soucis de ne pas déformer les propos recueillis, mais également parce qu’il est le fruit d’une d’écriture collective. Pour fabriquer ce film, il nous a fallu exprimer nos idées sur un sujet politique, et sur la mise en forme d’un travail destiné à être vu : la bienveillance réciproque entre les membres de l’équipe était donc sine qua non pour que chacun ose s’exprimer. C’est moyennant beaucoup de discussions, d’attention et quelques concessions que nous avons fait de ces idées un film.
Je suis fière du résultat final, et satisfaite d’avoir convaincue l’équipe dans le choix de certains éléments, mais je dois admettre que d’autres aspects du film me laissent insatisfaite. Par exemple, je regrette la présence du plan sur les pigeons, qui pour moi ferme la possibilité de montrer le film à des électeurs d’extrême droite sans qu’ils ne s’en sentent provoqués, voir insultés, et empêchant de ce fait tout dialogue. Le travail d’écriture collective m’a paru enrichissant, et j’aurais aimé poursuivre le travail pour aborder de nouveaux points de réflexion, à l’appui de davantage d’extraits des témoignages de nos résistants. L’écriture collective est un exercice exigeant, mais sans le collectif, et sans le dialogue, ce film n’existerait pas. Cette façon de procéder exige également d’accepter que le film n’a pas gage à refléter une opinion personnelle particulière, mais la moyenne des opinions du groupe.
La démarche d’En gage d’avenir a été celle de travailler en dialoguant au sein de l’équipe et avec les personnes rencontrées. Aussi la conclusion personnelle que je tire est la suivante : les résistants d’hier se sont battus pour préserver l’unité de notre pays face à une menace venue de l’extérieur. Aujourd’hui, la préservation de notre unité passe sans doute par le dialogue entre les citoyens, et cela en gage de notre avenir commun.
J’ai trouvé que le projet proposait quelque chose de nouveau dans la manière de faire à partir de témoignages préexistants. Je n’étais pas très familière du sujet de la Résistance et je me suis dit que ce serait intéressant de travailler là-dessus.
Au début, je ne pensais pas du tout que le sujet me touchait. La Seconde Guerre Mondiale semble très éloignée de nous. On l’étudie à l’école comme quelque chose de lointain. On est tellement baigné·e·s dans les choses affreuses d’aujourd’hui qu’on a presque tendance à oublier de regarder vers le passé.
Entendre toutes ces histoires de la bouche des personnes qui les ont vécues c’est d’autant plus impactant et c’est aussi pour ça que je me suis sentie impliquée dans le projet tout au long de l’année. Ça a changé ma façon de voir la Résistance : j’imaginais des gens de gauche tous hyper soudés et je me suis rendu compte que c’était en fait tout un ensemble de petits réseaux. C’est aussi ma vision de l’engagement qui a évolué. Tout le monde n’a pas la même façon de s’engager.
J’ai trouvé utile de faire le lien avec aujourd’hui et j’ai beaucoup appris en conduisant la plupart des interviews.
ENTRER EN RÉSISTANCE – Épisode 1 : « En gage d’avenir » – 2025-2026
Une réalisation collective de Aelig Chevalier, Anaïs Hamon, Antonin Alloggio, Camille Techer, Joseph Francisco Berrezueta Castro, Jules Burot—Duriez, Juliette Lalloué, Léonie Neilz, Louise Adam, Manon Baglan, Marius Dubernard, Perig Gauducheau
Dans le cadre de l’atelier documentaire 2025-2026, Licence 3 – Arts du spectacle, Université Rennes 2 coordonné par Antonin Alloggio.
Avec les témoignages des Résistants : Zette Gomez, Lucien Rose, Guy Lecorre, Yvette Farnoux, Jaqueline Marty, Jean-Baptiste Biaggi
et la participation de Éléonore Herry, Ousmane Hamada Mohamed, Fabian Robert, Léna Proust, Bruno Le Roux, Odile Halais, Jean-Yves Bethuel.
Filmé à l’Université Rennes 2, à la bibliothèque Lucien Rose à Rennes et aux abords du Mémorial des Martyrs de la Résistance et de la Déportation d’Ille-et-Vilaine.
Moyens techniques : Créa Université Rennes 2, Kendal Le Lay, l’équipe, Point Barre ./
Musique originale : Anaïs Hamon & L, Joseph Francisco Berrezueta Castro.
Mixage son : Damien Tronchot.
Remerciements à Raoul Rossi, Christian Boë et Michèle Péju pour ce travail d’interview entre 2000 et 2002 ; à Françoise Rossi, pour la confiance qu’elle nous accorde ; à toute l’équipe de la bibliothèque Lucien Rose ; à Simon Guyot et Théophile Lemaître ; à tous ceux qui ont aidé ce film.
À ceux qui doutent, s’engagent.
| Nom | Date naissance | Lieu de naissance | Mouvement / Organisation | Déportation ? |
|---|---|---|---|---|
| Abbé de NAUROIS | 24 Novembre 1906 | Paris | Combat | |
| ADIDA Claude | Août 1917 | BCRA | ||
| AGNIEL Michèle | 11 Juin 1926 | Paris/St Mandé | Réseau Bourgogne | Déportée |
| ALBRECHT Mireille | 21 Juin 1924 | Hollande (Rotterdam) | Combat | |
| ALTMAN Micheline | 1923 | Strasbourg | Franc-Tireur | |
| ANDRE Marcelle | 1917 ? | Près de Bordeaux | Réseau Navarre | Déportée |
| AUGE Jacques | 18 Janvier 1922 | Shanghaï (Chine) | Liberté/Combat | |
| BAUMANN Claudine | 1922 | Paris | Combat | |
| BAZIN René | 6 Mai 1921 | La Motte-Beuvron | Maquis (Sologne) | |
| BELLEC José | 11 Janvier 1918 | Taulé (Finistère) | NAP | Déporté |
| BENIELLI Pierre | 18 Juin 1909 | Ambert (Puy de Dôme) | Combat/chef MUR | Déporté |
| BERNARD-FARNOUX Yvette | 17 Octobre 1919 | Paris | Combat | Déportée |
| BIAGGI Jean-Baptiste | 27 Août 1918 | Porto Rico | Orion | évadé |
| BOE Madoue | Nabeul (Tunisie) | SOE | ||
| BOUZAT Louis | 18 Avril 1913 | Montpellier | Liberté-Combat | |
| BREYTON Jacques | Lyon | Combat | ||
| BROCHAY Pierrette | 7 Février 1918 | Lyon | Libération/Combat Responsable Service Social AIN-Rhône | Déportée |
| BURGARD Annick | 7 Février 1923 | Lyon | Combat | |
| CAMMAERTS Francis | 10 Juin 1906 | Londres | SOE- chef de réseau | |
| CAMUS Jean | 16 Juin 1916 | Paris | BCRA | |
| CASAS Raymond | 19 Janvier 1926 | SELLETTE (près de BLOIS) | Maquis FTP | |
| CHAMPION Gilberte | 1913 | Paris | Réseau Jade Fitzroy IS | Déportée |
| CHENU Simone | 5 Mars 1916 | Londres | MRPG | Déportée |
| CLARENCE Nicole | 3 Août 1922 | Paris | Combat/Buckmaster | Déportée |
| CLEMENT-MAZEL Monique | 1921 | Paris | Combat | |
| COLLIN Gaston | 10 Octobre 1918 | Londres | Radio – SOE | |
| Colonel BOURDON Léon | 21 Octobre 1919 | Courbevoie | ORA/OCM | |
| Colonel DARCIEL (Henri PROVISOR) | 1917 | Pologne | FTP | |
| CORDELET William | 1923 | Chaumont sur Loire | Réseau Prosper | |
| CREMIEUX Rosine | 7 Octobre 1924 | Elbeuf | Maquis Vercors | Déportée |
| DE SUGNY Andrée | 14 Mars 1912 | Lyon | FN | Déportée |
| DELCOURT Henri (frère de EPSTEIN Siréna) | 1921 | Bucarest | ||
| DESTOUCHES Gilbert | 10 Janvier 1909 | Paris | FTP MOI | |
| DIACONO Henri | 20 Juin 1923 | Alger | Radio – SOE | |
| DUMOULIN Jean-Claude | 1923 | Paris | FN | Déporté |
| EPSTEIN Siréna | 1923 | Bucarest | CNR | Déportée |
| FALLAS René | 1922 | Giraumont (Meurthe et Moselle) | Mouvement Lorraine | |
| FEIGELSON Raph | 17 Février 1926 | Paris | Réseau Prosper/MOI | Déporté |
| FILLARDET Noël | 25 Décembre 1919 | Bourg en Bresse | Maquis Libération | |
| GAVARD Jean | 16 Mai 1923 | Ixelles (près de Bruxelles) | Confrérie Notre-Dame | Déporté |
| Général Alain LE RAY | 3 Octobre1910 | Paris | Combat – Responsable FFI Isère | |
| Général Pierre BOE | 1910 | Castres | Bomber Command | |
| Général Roland COSTA DE BEAUREGARD | 1913 | Département de la Nièvre | ||
| GOMES Zette | 17 Septembre 1924 | Paris | Jeunesses Communistes et AS | Déportée |
| GRIOTTERAY Alain | 15 Octobre 1922 | Paris | Chef du Réseau Orion | |
| GUEZENNEC Lucienne | 23 Mars 1917 | Lyon | Combat / MUR | |
| GUILLON Marcel | 1924 | Loir et Cher | Vélites Thermopyles | |
| GUINGOUIN Georges | 2 Février 1913 | Magnac-Laval (Haute Loire) | Chef maquis du Limousin | |
| GUINPEL Lucien | 1924 | Paris | Corps franc Libération | |
| GUITON Eugène | 1915 ? | Saint-Etienne | ANRA – Réseau Frédéric | |
| HEINTZ André | 25 Mai 1920 | Caen | OCM / Libération | |
| HENRY-AMAR Colette | 6 Août 1910 | Berlin/Paris | Combat – Chef du Service Social | |
| HIRSCH Pierre | 30 Décembre 1921 | Paris | Radio – SOE | |
| JACQUET Raymond | 1924 | Maquis de l’Ain | ||
| JANOT Catherine | 29 Septembre 1917 | Saumur | Vélites Thermopyles / Comète | |
| LANDINI Léon | 9 Avril 1926 | Le Muy (Var) | Carmagnole / FTP MOI | |
| LE CORRE Guy | 27 Août 1911 | Dol de Bretagne | ||
| LE CORRE Pierrette | 1921 ? | Lyon | Combat | |
| LE ROLLAND Pierre | 1920 | Epernay | Combat Nord | Déporté |
| LENOIR LE ROLLAND Eliane | Turma Vengeance | Déportée | ||
| LEVY Jean-Jacques | 26 Août 1923 | Strasbourg | Kléber/Travaux Ruraux | |
| LOCSQUIN Jacques | 1911 ? | Lyon | ||
| MAHIEU VILLARS Jean | 31 Juillet 1923 | Bois Colombes | Libération | |
| MALAVOY André | 1914 ? | Paris | Réseau Johnny | Déporté |
| MALOUBIER Robert | 2 Février 1923 | Neuilly s/seine | SOE | |
| MARCAULT Pierre | 0ctobre 1919 | Vierzon | Libération – maquis | |
| MARTY Jacqueline | 1922 | Belfort | Combat / Réseau Gallia | |
| MARX Marie-Odile | 4 Août 1920 | Strasbourg | Manipule/Défense de la France | Déportée |
| MAS Henri | 1922 | Verdun | Liberté/Combat | |
| MAURY Lucien | 1923 | Près de Blois | maquis | Déporté |
| MAYER Juliette | Vals les Bains | IS / MI6 | Déportée | |
| MORIN Bernard | 29 Juin 1926 | Paris | FN – maquis | Déporté |
| MORIN Paul | 29 Juin 1924 | Bourg en Bresse | Maquis de l’Ain | Déporté |
| NAGEL Raymond | 1921 ? | Pompey (Meurthe et Moselle) | Combat / Services Spéciaux | |
| PAUPHILET Bernard | 28 Janvier 1918 | Paris | Combat | |
| PAUVREHOMME Jean | 1925 | Vierzon | Croix-Rouge | |
| PEJOT France | 17 0ctobre 1914 | Lyon | Franc-Tireur | Déportée |
| PEYRONEL Evelyne | 17 Septembre 1914 | Marseille | AKAK | |
| PILAT Edmond | 17 Avril 1917 | Neuilly sur Seine | Musée de l’homme/BCRA | |
| POIRIER Jacques | 7 Juillet 1922 | Neuilly sur Seine | SOE | |
| PROVISOR Arlette | 17 Mars 1924 | Lyon | Combat / Adjointe Alban Vistel MUR | |
| RAUST André | 5 Avril 1915 | Paris | Combat | |
| RAVANEL Serge | 12 Mai 1920 | Paris | Libération – Chef des Corps Francs MUR | |
| RAYSKI Adam | 14 Août 1913 | Bialystok (Pologne) | MOI – Responsable national | |
| RICHET Claire | 1920 ? | Corrèze | Réseau Alibi | |
| ROBIN Françoise | 28 Février 1923 | Paris | Manipule – CDLR | Déportée |
| ROCHE Marius | 1921 | Villieu | Maquis de l’Ain | |
| ROLLAND Juliette | 1922 | Ardèche/Drôme ? | AS | Déportée |
| ROSE Lucien | 2 Juin 1916 | Goncelin (Isère) | Libération / Franc-Tireur | |
| ROUGEOT Alain | 18 Février 1922 | Paris | Combat | |
| SABY Jo | 8 Novembre 1923 | La Chaise Dieu (Haute Loire) | Combat – Service maquis MUR | |
| SADOUN Roland | 9 Août 1923 | Suresnes | Liberté/Combat/BCRA | |
| SCAMARONI Marie-Claire | 21 Septembre 1913 | Paris | Centuri Corse | |
| SCHMER André | 18 Mai 1927 | Pologne | Carmagnole/FTP MOI | |
| SELIGMANN Françoise | 9 Juin 1919 | Marseille | Combat / NAP adjointe de Claude Bourdet | |
| SHEPPARD Bob | 1922 | Epinay | SOE – Instructeur sabotages | Déporté |
| SOULIE-CAMUS Geneviève | 1922 ? | Levallois-Perret | Réseau Bourgogne | |
| STUMM Jean-Max | 1925 | Paris | Musée de l’homme / Défense de la France | |
| THOMAS Pierre Alban | 1921 | Noyer sur Cher | maquis | |
| THORAVAL Michel | 1920 | Nantes | Services Secrets MI6 | |
| TILLION Germaine | 30 Mai 1907 | Allègre (Hte Loire) | Musée de l’Homme | Déportée |
| TREMPE Rolande | 1916 | Seine et Marne | FN | |
| VEREL Eugène | 1911 ? | ST Genis sur Guiers (Savoie) | Libération / NAP PTT | |
| VERNANT Jean-Pierre | 4 Janvier 1914 | Provins (Seine et Marne) | Libération / AS | |
| VICO Jacques | 16 Avril 1923 | St Germain la Blanche-Herbe (Calvados) | Combat Nord | |
| WATT Adher (André) | 1913 | Londres | SOE | |
| WINTER Catherine | 1925 ? | Paris | FTP MOI – 35 ème Brigade | |
| WITHERINGTON Pearl (épouse CORNIOLEY) | 24 Juin 1914 | Paris | Chef de réseau SOE |
Cette collecte conséquente a été faite par deux réalisateurs dans l’optique de « réaliser une photographie de la Résistance à travers les portraits, les visages et les voix de celles et ceux qui l’ont faite ». Le décès de Raoul Rossi en 2006 et des difficultés de production ont mis le projet en suspens.
Vingt ans plus tard, c’est Françoise, sa fille et ayant droit, qui nous a sollicités pour faire aboutir le projet. Christian Boë, le caméraman qui a accompagné Raoul sur tous les tournages nous a confié les cassettes qu’il avait conservées pour que nous les traitions en toute liberté.
Nous sommes dépositaires de ce projet initié par Raoul Rossi, alors âgé de 73 ans, en 2000. Il avait entrepris ce travail en hommage à sa femme Pierrette, qu’il a rencontré en 1951. Voici un extrait de sa note d’intention originelle.

« Depuis 50 ans, je vis avec une femme : j’ai fait du cinéma, elle est psychologue. Nous nous sommes rencontrés en 1951. Avant de l’épouser, j’ai appris qu’elle avait fait de la résistance dans l’Ain et que, recherchée par la Gestapo et la Milice, elle était partie avec des responsabilités accrues dans le Rhône, où, sur dénonciation, elle avait été arrêtée à Lyon en Juillet 1944, interrogée par Klaus Barbie et envoyée en déportation dans le dernier convoi quittant la France, en Août 1944… J’ai su qu’elle avait souffert dans de nombreux camps, que le dernier avait été celui de Ravensbrück et qu’elle en était revenue en 1945. Depuis la fin de la guerre, chacun a construit ou reconstruit sa vie, mais aucun n’a oublié ce qu’il a perdu : les compagnons disparus, torturés, fusillés, déportés, mais aucun ne regrette son engagement. Pourquoi ont-ils fait ce choix ? »
Raoul Rossi, Avril 2002
Au début des années 2000, l’urgence pour Raoul et Christian était de recueillir ces témoignages, en vidéo, tant qu’il en était encore temps. Raoul a ensuite amorcé avec Michèle Péju un travail de montage et de classement de ces témoignages.
Reprendre aujourd’hui ce projet qui traite d’événements qui se sont déroulés il y a bientôt 100 ans, filmé il y a 20 ans par un réalisateur chevronné de 73 ans et en confier la réalisation à un réalisateur de 37 ans, c’est prendre le parti d’un dialogue entre générations. C’est inviter à considérer que ce sujet n’est pas ancré dans le passé mais qu’il éclaire le présent.
« L’avenir est un présent que nous fait le passé »
En 2021, on me confie une valise contenant le témoignage d’une centaine de Résistants engagés pendant l’Occupation nazie, contre l’oppression et le Régime de Vichy. Ces témoins sont interrogés sur leurs actions, mais, plus particulièrement, sur l’origine de leur engagement. Les entretiens commencent tous de la même façon : « Où êtes-vous né·e ? » « Quels souvenirs des années 30 ? », « … du Front Populaire ? », « de la guerre d’Espagne ?… » S’ensuit l’évocation des premières oppositions, des premières actions, de la désobéissance, la clandestinité, les récits de guerre, les actes de Résistance. Ce corpus documente la montée du fascisme au siècle dernier et dit ce qu’étaient l’Occupation, la Résistance, la Déportation.
Toute cette matière filmique est inédite et tout est dit par des témoins directs interviewés en 2000-2001-2002.
On sait avec quelle ardeur les associations mémorielles font vivre cet héritage et comment elles se sont appuyées sur la rencontre avec les Résistants, toujours investis dans ces moments de partage.
Il n’y a presque plus de survivants de cette période aujourd’hui et continuer à faire vivre cette mémoire est un véritable défi. Continuellement, le devoir de mémoire doit réinventer ses modalités de transmission.
Notre projet s’inscrit dans cette recherche puisque regarder ces cassettes est peut-être aujourd’hui ce qu’il y a de plus proche d’une conversation avec les témoins.
Le devoir de mémoire est l’affaire de tous, c’est une responsabilité collective et notre démarche consiste à partager ce travail de transmission.
Nous le ferons à travers une série d’ateliers audiovisuels de réalisation documentaire.
Antonin Alloggio
La mémoire et le patrimoine relèvent d’un jeu de va-et-vient entre hier et aujourd’hui. Et de même que conserver consiste à garder la fraîcheur, c’est quand le passé fait écho au présent que le patrimoine vit et que la mémoire se transmet.
Notre ambition est donc d’extraire ces témoignages du simple regard sur le passé pour dire combien ils nous aident à vivre notre présent et appréhender le futur.
On a toujours tendance à regarder l’histoire comme un produit congelé, enfermé dans le bocal du passé. Les turbulences de notre époque semblent pourtant convoquer avec une force incandescente ces témoignages du siècle dernier : conflits mondiaux, crises sociales et économiques, violence dans le discours politique et médiatique, réarmement, montée des idées extrémistes. Mais aussi : luttes sociales, modes de vie alternatifs, désobéissance civile, soulèvements.
Sans chercher des parallèles, il y a de nombreux échos entre les époques.
Ces témoignages de Résistance sont avant tout des histoires d’engagement et nos témoins en font le récit à la première personne en conversant avec Raoul Rossi qui les a interviewés à l’automne de leur vie.
Notre approche est d’inviter nos contemporains à s’emparer de ces témoignages pour devenir acteurs de la transmission de cette mémoire.
Cette démarche de « faire avec » est celle que POINT BARRE porte au cœur de ses projets depuis plus de quinze ans. Nous abolissons la frontière entre le film et le making of. Le film donne à voir le groupe prendre en main ces témoignages de Résistants et réfléchir ensemble à la façon de les transmettre. Les réalisateurs qui accompagnent la démarche sont capitaines d’une équipe de vidéastes en devenir : les exercices de prise en main des outils de tournage sont de premières interviews croisées ; les moments d’analyse filmique préparent l’écriture du scénario ; le derushage dessine les grilles de futures interviews…
Pour mieux comprendre cette démarche, parcourir www.pointbarrevideo.com et nos nombreuses réalisations.